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L'hémorragie externe

 
Oulalaaa, un article avec du sang dedans, quelle horreur !! Mais ne vous en faites pas, il n'y aura pas d'image sanglante, juste les bons réflexes à avoir pour réagir vite devant un saignement abondant et qui ne cessera pas sans action de secours.

En effet, l'hémorragie externe est une importante perte de sang provenant d'une plaie ou d'un orifice naturel. Ce saignement est prolongé et ne s'arrête pas spontanément imbibant en quelques secondes un mouchoir en tissu ou en papier.

Cette petite définition est importante à savoir puisqu'il faut bien séparer un saignement bénin comme une écorchure ou une éraflure dont le saignement s'arrête spontanément et une hémorragie.

"Une hémorragie est facile à constater sur une personne, en revanche, elle peut être masquée par un vêtement, il faut donc porter toute son attention sur l'endroit concerné."


Alors, qu'est ce qui cause une hémorragie ? Eh bien, vous devez certainement l'avoir compris, un traumatisme (chute, coup, plaie,...) ou une maladie (l'exemple flagrant d'un éclatement de varice). Certaines personnes ont un traitement que l'on appelle anticoagulant (qui fluidifie le sang). En cas de plaie, ces dernières doivent prendre en compte que le saignement ne se stoppe pas aussi vite que chez une personne n'ayant pas ce type de traitement, favorisant donc un écoulement plus important qui ne cesse pas tout seul.

"Il va falloir agir vite devant une hémorragie ! Elle entraîne rapidement une détresse circulatoire car le cœur se fatigue."


Le corps humain comporte environ cinq à six litres de sang. En présence d'une hémorragie, le cœur essaie de rétablir une bonne circulation dans l'organisme et si l'on ne fait rien, en quelques instants, une trop grande quantité de sang sera perdue et la personne va tomber en arrêt cardio-respiratoire (pour un rappel sur l'arrêt cardiaque, c'est par ici).

Vous savez que j'aime bien vous faire retenir facilement les bons comportements à adopter, voici un bon moyen en trois mots, la règle des trois « A » : 
  • Appuyer
  • Allonger 
  • Alerter
Non, je ne m'arrête pas là dans les explications, mais déjà gardez en tête ces trois actions qui vont peut-être sauver la vie de la personne concernée.

Pour l'instant, vous n'avez pas touché la personne et vous avez bien fait. Avant tout, vous devez vous protéger ! Oui, j'ai bien dit vous : sauveteur ! Pour éviter tout risque de maladie transmissible par le sang, faites au mieux pour couvrir vos mains avec notamment des gants à usage unique ou un sachet plastique afin d'éviter d'être en contact direct avec la plaie.

Voilà, ça y est, une personnes est présente devant vous, avec une plaie hémorragique. Vous avez un sac plastique à proximité pour vous protéger une main qui agira sur la plaie. Rappelez-vous maintenant des trois actions à réaliser...

  • Vous avez localisé l'endroit qui saigne et vous voyez la plaie (écarter les vêtements si ce n'est pas le cas). 
  • Demandez tout de suite à la personne de comprimer le saignement elle-même. Si celle-ci n'est pas capable de le faire, faites-le à sa place en englobant toute la plaie avec votre main « protégée » et en effectuant une pression continue pour stopper le saignement. On a fait le premier « », vous venez d'appuyer sur la plaie hémorragique.
  • Sans attendre, faites allonger la personne sur un lit, un canapé ou à défaut, le sol. En effet, le fait d'être totalement allongé retarde une éventuelle détresse liée à cette perte de sang abondante. Nous venons de faire le deuxième « » en allongeant la personne.
  • Sans jamais relâcher la pression effectuée sur la plaie hémorragique, vous alertez vous-même ou faites alerter les secours si des témoins sont présents (pour un rappel sur les numéros d'urgence, c'est par là). Si aucun témoin n'est à vos côtés, c'est vous qui devez alerter les secours. 
  • Il va falloir libérer votre main si vous effectuez la compression sur la plaie en relayant celle-ci par un pansement compressif. Ce dernier peut être réalisé avec n'importe quel type de tissu propre (par exemple, en superposant plusieurs mouchoirs, torchons ou des vêtements) et un lien large et assez long pour serrer suffisamment et arrêter ainsi le saignement (faire comme pour un bandage très serré).

"Après ces actions de secours, si malgré tout, le saignement persiste sous votre pansement compressif, reprenez une compression manuelle par-dessus. N'enlevez jamais ce que vous avez mis en place précédemment."

A savoir qu'il est impossible de mettre en place un pansement compressif lorsque l'endroit concerné par l'hémorragie est situé au niveau du cou, de la tête, du thorax ou de l'abdomen. Ces quelques endroits du corps doivent être maintenus en permanence par une compression directe avec la main et peut être complétée par l'ajout d'un tissu propre pour la compression de la plaie.

Quoi qu'il en soit, vous ne relâchez jamais votre compression sur la plaie hémorragique jusqu'à l'arrivée des secours.

Je suis certain que plusieurs d'entre vous se disent « et le garrot !! On le met quand, le garrot !! ». Il n'est surtout pas systématique sur une plaie hémorragique, loin de là ! Oui, il est utile mais ne retenez pas qu'il faut mettre en place un garrot devant toute plaie avec saignement abondant, c'est faux. L'utilisation de ce dernier n'est pas sans conséquence pour la personne. Il doit être utilisé uniquement si la compression directe reste inefficace et que le saignement persiste ou si ce n'est pas possible d'effectuer de compression directe (attentat ou catastrophe avec de nombreuses victimes, présence d'un corps étranger dans la plaie ou une plaie qui est inaccessible).

Le but du garrot est d'arrêter totalement la circulation du sang d'un membre (avant-bras, bras, cuisse, jambe). Ainsi, étant installé en-avant de la plaie hémorragique, il vient stopper le saignement.

Le matériel à utiliser n'a rien de technique et peut être rudimentaire, en effet, une cravate, une ceinture ou un foulard est suffisant. Il faut tout de même s'assurer qu'il soit assez large (de 3 à 5 cm) et assez long (environ 1,50 m). Il ne faut pas utiliser d'élastique, ayant une résistance insuffisante et non efficace pour être maintenu en continu et stopper le saignement en cas d'hémorragie. Avec ce tissu, il vous faut un système pour venir serrer le tout, une barre de 10 à 20 cm suffit comme un métal rigide, un morceau de bois ou de plastique dur.

Vous devez mettre en place votre garrot quelques centimètres au-dessus de la plaie hémorragique mais jamais sur une articulation :
  • vous faites 2 tours autour du membre avec votre lien à l'endroit où vous souhaitez installer le garrot, 
  • faites un nœud que vous serrez, 
  • placez la barre qui permettra de serrer votre garrot au-dessus de ce nœud, 
  • faites un double-nœud par-dessus pour que votre barre tienne en place, 
  • tournez celle-ci de façon à serrer jusqu'à l'arrêt complet du saignement, 
  • maintenir ce serrage en bloquant la barre avec des nœuds supplémentaires. La douleur provoquée par le garrot est intense, il faut le savoir, mais ne relâchez jamais cette pression permettant de stopper le saignement au niveau de la plaie.
Je vous vois me dire « c'est bien gentil, mais moi je n'ai pas de barre pour maintenir et serrer tout ça ! ». En l'absence de cette barre de serrage, vous utilisez uniquement le lien large en serrant le plus fortement possible en tirant sur les extrémités de ce dernier et en réalisant des nœuds en guise de maintien.

"Une fois que votre garrot est mis en place, il ne doit jamais être retiré ou relâché avant que les secours ne soient sur place. De même, il doit toujours rester visible."


Quoi qu'il en soit, devant une hémorragie, après avoir fait la règle des trois « A » (appuyer, allonger et alerter), une fois que le saignement est stoppé, en attendant les secours d'urgence, vous devez sans cesse rassurer la personne et lui expliquer la situation. Couvrez-la contre le froid et restez vigilant et attentif devant un éventuel signe d'aggravation. La personne peut être prise de sueurs, de pâleur ou perdre connaissance (petit rappel par ici concernant la perte de connaissance). Devant ces nouveaux symptômes qui s'installent, rappelez les secours par téléphone afin de leur décrire la nouvelle situation que vous rencontrez.

Maintenant, nous allons passer aux situations que l'on appelle particulières...

Commençons par le saignement de nez. On entend beaucoup de choses sur ce sujet, voici ce que vous devez faire :
  • s'asseoir en penchant la tête en avant afin que le sang s'écoule vers l'extérieur, 
  • se moucher vigoureusement pour que les caillots de sang soient évacués, 
  • comprimer les deux narines avec les doigts pendant dix minutes sans relâcher.
Il ne faut pas s'allonger ou pencher la tête vers l'arrière malgré ce qu'on peut lire dans certains forums de discussions... Le sang que l'on avale va migrer dans notre estomac et ne retourne pas dans la circulation sanguine. Il risque de vous donner des maux de ventre au lieu d'être bénéfique...

Vous devez contacter le 15 (SAMU) pour avoir un conseil médical si le saignement ne s'arrête pas au-delà des dix minutes ou se reproduit. De même, si le saignement survient après un traumatisme ou une chute ou si la personne prend des médicaments de type anticoagulants venant fluidifier le sang, ne permettant pas l'arrêt d'un saignement facilement.

Une autre situation particulière, une personne se met à vomir ou cracher du sang. Cette situation n'est pas bénigne et peut être un symptôme d'une maladie nécessitant un transport vers un centre hospitalier. Dans ce cas-là, vous devez :
  • installer la personne dans une position d'attente (assise, allongée, sur un coté,...), c'est elle qui vous dira dans quelle position elle se sent le mieux, 
  • contacter le 15 (SAMU) pour avoir une réponse médicale adaptée à cette situation, 
  • ne jamais laisser la personne seule et la surveiller en appliquant les conseils apportés par le médecin.

Enfin, parlons d'une dernière situation particulière, le saignement par un orifice naturel (autre que le saignement de nez vu plus haut) :
  • faire allonger la personne dans un lit, un canapé ou à défaut le sol, 
  • contacter le 15 (SAMU) pour avoir une réponse médicale adaptée à cette situation et appliquer les consignes données.

Dans tous les cas, en présence de sang, pensez à vous protéger en tant que sauveteur avant d'entrer en contact avec toute plaie. Si jamais, en appliquant les premiers secours, vous êtes entré en contact avec le sang de la personne, pas de panique :
  • ne portez pas vos mains à la bouche, aux yeux ou au nez, 
  • retirez vos vêtements qui ont été exposés et tâchés de sang le plus tôt possible, 
  • lavez-vous correctement les mains à l'eau et au savon, 
  • désinfectez-vous les mains après le lavage avec une solution hydro-alcoolique ou du dakin,...
Si la partie de votre corps qui a été en contact avec le sang présente une plaie (aussi petite soit elle), demandez un avis médical en composant le 15 (SAMU) ou directement à l'équipe de secours sur place s'il y en a une.

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