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La perte de connaissance


Vous avez très certainement déjà assisté à un malaise, vous savez, c’est cet état de mal-être, de sensation pénible. En revanche, le malaise avec ce que l’on appelle une perte de connaissance, peut-être pas. En effet, les personnes mélangent assez souvent tous les types de malaises pour les regrouper dans la perte de connaissance.

Il faut être précis lors de votre appel passé aux secours comme vous l’avez vu dans mon précédent article sur “l’alerte des secours”. Tout d’abord, une petite définition rapide et facile à retenir. Une personne a perdu connaissance quand :
          1. elle ne répond à aucune sollicitation verbale,
          2. elle ne réagit à aucune stimulation,
          3. elle respire.

Alors bien entendu, les causes d’un malaise avec perte de connaissance sont multiples. Ça peut être suite à un traumatisme, par exemple une chute, d’origine médicale, toxique ou suite à un accident de circulation.

"Une personne victime d’un malaise avec une perte de connaissance est une urgence vitale."

Si aucun geste de premiers secours n’est réalisé, cette urgence vitale peut évoluer à plus ou moins brève échéance vers un arrêt cardiaque. Nous possédons trois grandes fonctions vitales qui sont : le cœur, le cerveau et les poumons. Il faut le savoir, lorsque l’une d’elles est défaillante, elle entraine avec elle les deux autres. Ces trois fonctions vitales forment notre moteur et sont liées ensemble.

Une personne laissée sur le dos après avoir décelé la perte de connaissance est directement exposée à des difficultés respiratoires du fait de l’encombrement des voies aériennes pouvant évoluer vers un arrêt respiratoire. En effet, rappelez-vous de la définition, la personne ne réagit pas et ne répond pas aux sollicitations mais respire. Elle est complètement hypotonique, non, ne partez pas voir sur internet, je vous explique… Il s’avère que l’ensemble de ses muscles ont totalement perdu leur tonicité dont la langue. Celle-ci chute vers l’arrière obstruant le passage de l’air vers les poumons.
Vous savez quand on dit qu’on avale sa langue… Et bien c’est ça, sauf que l’on n’avale pas sa langue à proprement parler bien entendu ! Il s’agit ici de la chute de la langue vers l’arrière de la gorge.

Cette obstruction est également causée par les liquides présents et qui stagnent par l’absence de la déglutition. Du coup, eux aussi viennent obstruer les voies aériennes ne permettant plus le passage de l’air extérieur vers les poumons.

Le sauveteur que vous êtes doit alors réagir et rapidement pour libérer le passage de l’air et permettre aux liquides présents dans la gorge de s’écouler vers l’extérieur avant l’arrivée des secours. Oui, voilà, vous venez de sauver une vie ! Comment ça, je ne vous ai pas expliqué ce qu’il faut faire ?! Eh bien, c’est parti…

Maintenant que vous avez mis votre casquette de secouriste, vous devez agir sur la personne inanimée devant vous. Déjà, il va falloir évaluer son état de conscience et s’assurer qu’elle a bien perdu connaissance.

La première des choses à faire, c’est de se mettre au plus près de la personne et lui poser des questions simples comme « vous m’entendez ? » ou lui demander « ouvrez les yeux ! » par exemple, mais la liste n’est pas exhaustive. Vous choisissez les questions, le but ici est de voir si la personne est capable de réagir.

Ensuite, stimulez-la en secouant doucement ses épaules ou en lui prenant la main en demandant « serrez-moi la main ! ».

Si la personne réagit et bien tant mieux, elle est consciente. Vous allez continuer à discuter avec elle, votre objectif est de savoir ce qui s’est passé. Après, vous adaptez sa position (assise ou allongée), la personne va pouvoir vous dire directement comment elle se sent le mieux. En revanche, il va tout de même falloir appeler le SAMU en composant le 15 pour avoir au moins un conseil de la part du médecin régulateur qui va peut-être simplement lui demander de consulter son médecin traitant.

Revenons à notre personne qui, elle, n’a pas réagi à vos sollicitations. Pour le moment, on ne sait pas si elle respire correctement. A ce stade, en fonction du lieu où vous êtes, si vous pensez que quelqu’un peut vous entendre à proximité, appelez « à l’aide ! ». Il est évident que tous ces gestes se font en quelques secondes.

"L’appel des secours quant à lui, ne se fait pas à ce niveau, nous devons avant tout savoir s’il s’agit d’une perte de connaissance ou d’un arrêt cardiaque."

Il va falloir maintenant mettre la personne sur le dos pour poursuivre les gestes de premiers secours. Prochaine conduite à tenir : évaluer la respiration sur une dizaine de secondes. Vous êtes toujours à son niveau, rapprochez-vous de sa tête, maintenez d’une main le front et avec l’autre le menton en faisant comme une pince avec le pouce sur le menton et les autres doigts en-dessous.
Inclinez la tête vers l’arrière en vous aidant de votre main posée sur le front pour venir libérer les voies aériennes. Maintenez la tête penchée en arrière et ouvrez doucement la bouche de la personne avec votre main en « pince » au niveau du menton.

Le geste que vous venez d’effectuer vous permet de voir correctement si la personne respire. Vous venez ici de libérer le passage de l’air au niveau de la gorge. Il va désormais falloir vous pencher juste au-dessus de la bouche et du nez de la personne avec votre joue pour sentir le souffle sur celle-ci, tout en regardant vers le ventre de la personne pour voir si il se soulève.

Elle respire !! Vous voyez, vous venez en quelques instants d’évaluer la conscience et la respiration de la personne allongée devant vous. Maintenant, on peut parler d’un malaise avec perte de connaissance. Le geste salvateur à réaliser consiste à venir mettre la personne sur un côté, peu importe lequel, droit ou gauche, le plus facile en fonction de l’endroit où l’on est.

"Cette position stable sur le côté, vous connaissez certainement son petit nom : la Position Latérale de Sécurité (PLS)."

Elle va ainsi permettre le passage de l’air vers les poumons puisque la langue n’obstruera pas la gorge et aux liquides de s’extraire par la bouche. Pour ce faire, trois étapes sont nécessaires :
          1. Préparer le retournement :
  • retirer les lunettes de la personne si elle en porte,
  • rapprocher délicatement les jambes dans l’axe du corps,
  • placer le bras de la personne situé de votre côté à angle droit en gardant la paume de la main de la personne tournée vers le haut,
  • se placer en position stable à côté de la personne, au niveau de son thorax,
  • saisir le bras opposé de la personne et amener le dos de la main sur son oreille de votre côté,
  • maintenir le dos de cette main pressée contre son oreille.
          2. Mettre la personne sur le côté :
  • avec la main qui maintenait le coude, placer celle-ci en-dessous du genou de la jambe opposée de la personne et la relever tout en gardant le pied de la personne au sol,
  • s’éloigner du thorax de la personne afin de pouvoir la mettre sur le côté sans avoir à reculer,
  • tirer sur la jambe relevée de la personne vers vous afin de la faire pivoter jusqu’à ce que son genou touche le sol, sans brusquerie et en un seul mouvement,
  • retirer doucement votre main située sous la tête de la personne tout en gardant la bascule de la tête en arrière. Pour ce faire, maintenir le coude de la victime avec votre main qui était située sur le genou.
          3. Stabiliser la personne :
  • mettre la jambe dont le genou touche le sol à angle droit. Ramener simplement le pied de la personne au sol.

Une fois ces trois étapes réalisées, vous devez (ré)ouvrir la bouche de la personne par une simple impulsion avec l’index. En effet, pendant ces mouvements, cette dernière s’est probablement refermée et vous devez absolument garder les voies aériennes libres. 

"La PLS n’est pas une fin en soi, la surveillance et la vigilance doivent être maintenues."

C’est désormais le moment pour vous d’appeler les secours d’urgence maintenant que l’on sait que la personne est inconsciente et est mise dans une position stable sur le côté. Votre rôle de secouriste n’est pas terminé après ces quelques instants mais bel et bien une fois que la personne est prise en charge par l’équipe de secours sur place.

C’est bien entendu en s’entrainant que la PLS devient facile à réaliser. Sachez qu’il ne suffit pas de lire ces lignes mais qu’il vous faut pratiquer pour maintenir vos connaissances.

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